Fatigue musculaire : et si nous nous étions trompés depuis un siècle ?
Le lactate, du prétendu déchet à l’acteur central de notre métabolisme avec Jean Joyeux, directeur académique de l’École de Nutrition Holistique
Tu l’as sans doute déjà ressentie. Cette brûlure dans les jambes au bout de quelques minutes d’effort soutenu, cette sensation que le corps lâche. Et tu as probablement entendu l’explication qui va avec : c’est l’acide lactique. Il s’accumule, il bloque le muscle, il cause la fatigue.
C’est l’une des idées les plus répandues en physiologie. Elle est fausse.
Un siècle de malentendu
La molécule en question, le lactate, a été isolée pour la première fois en 1780, dans du lait fermenté. Elle n’avait alors rien à voir avec le muscle.
C’est au début du vingtième siècle qu’on la relie à l’effort et au manque d’oxygène. La théorie de la dette d’oxygène s’impose, un prix Nobel la consacre en 1922, et le lactate devient pour longtemps un déchet métabolique, un signal de danger, une cause de fatigue.
Cette lecture a durablement marqué les manuels de physiologie, les cabinets et les terrains d’entraînement. La recherche dit aujourd’hui autre chose.
Ce que l’on sait désormais
Le lactate n’est pas un déchet, c’est un carburant. Il circule en permanence dans l’organisme, au repos comme à l’effort, et alimente le cœur, les muscles, les reins et le cerveau. Il participe à la régulation du métabolisme des graisses, à la plasticité neuronale, à la réponse immunitaire, et jusque dans la biologie du cancer.
Ce n’est pas le marqueur d’un échec, c’est un messager. Comprendre ce qu’il signale change profondément la façon de lire la santé métabolique.
Durant l’été 2026, plusieurs équipes du cyclisme professionnel ont utilisé des gels et des boissons au lactate, aussitôt présentés par la presse comme un carburant de nouvelle génération. L’écart entre cet emballement et l’état réel des preuves mérite d’être examiné.
Au programme
- Le renversement historique. Comment une molécule est passée du statut de déchet à celui de carburant central, et qui a fini par corriger l’erreur.
- Le carburant universel. Ce que le lactate alimente réellement : cerveau, cœur, muscles, reins.
- Le marqueur de santé métabolique. Ce que sa cinétique à l’effort révèle de la fonction mitochondriale et de la performance.
- Le lactate exogène. Ce que les études montrent réellement sur cette nouvelle supplémentation.
- Le lien inattendu avec la biologie du cancer. Pourquoi une tumeur en produit massivement, et pourquoi l’activité physique, qui en produit aussi, protège malgré tout.
- Et ce que tout cela change concrètement pour la nutrition et la prévention.
Environ 40 minutes d’exposé, puis 20 minutes de questions animées par Myriam Morand, directrice de l’École de Nutrition Holistique.
L’intervenant
Jean Joyeux est directeur académique de l’École de Nutrition Holistique et spécialiste de la nutrition sportive. Il a notamment été conseiller nutritionniste de l’équipe cycliste professionnelle AG2R, aujourd’hui Décathlon-AG2R.
Réserve ta place
Et si tu envisages de rejoindre l’ENH à la rentrée de septembre, cette conférence est aussi une belle occasion de découvrir notre approche pédagogique et de poser tes questions directement à Jean. La rentrée a lieu le 11 septembre 2026, et il reste quelques places dans certains modules. Un entretien individuel permet de vérifier que le parcours correspond à ta situation.
Lien entretien : https://calendar.app.google/C5ZfgGhVq8Z38XnM6
Mémoire Aurélie Gressot
Son point de départ ? Une conviction simple et profonde : manger sainement ne devrait pas être compliqué. Il suffit de renouer avec ce que la nature nous propose, au bon moment.
Parcours d’alumni: Simona Sorosina
Instructrice certifiée de Pilates et nutritionniste holistique, Patrycja Aramowicz incarne une approche intégrative du soin, où le corps ne se travaille pas uniquement en surface, mais s’écoute et se transforme en profondeur.
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